Inter v Juve – Le 3-5-2 défie le Sarriball

Deux tacticiens, deux philosophies, et quelques clubs en commun ; Antonio Conte et Maurizio Sarri sont de retour en Serie A après une courte aventure chez les Blues de Chelsea. Si le premier est parvenu à accrocher le titre (2017) lors de son mandat, le second n’a pas démérité en allant chercher une troisième place honorable derrière un Liverpool et un Manchester City quasi injouables la saison dernière. Actuel entraineur de la Juventus, Maurizio Sarri aura à cœur de vaincre l’Inter Milan d’Antonio Conte (ex-Juventus d’ailleurs) lors du choc prévu ce dimanche soir qui promet d’être un récital tactique. L’Inter acceuillera la Juventus à 20h45 (heure belge).

Au fil des années, le suspense généré par la Serie A semblait s’estomper tout doucement, laissant les amateurs de la compétition italienne sur leur faim. La raison ? Elle s’appelle Juventus. Depuis 2012, les Bianconeri imposent une dictature sur le football italien et ne cessent d’asseoir la concurrence. Si c’est Massimiliano Allegri qui se cache derrière les cinq derniers titres consécutifs, il suffit de regarder un peu plus loin, un tout petit peu, pour voir le nom d’Antonio Conte associé aux trois premiers.

Depuis, ni l’AC Milan (qui n’a terminé qu’une seule fois à la deuxième place 2011-12), ni l’Inter, tous deux déclassés parfois par l’AS Roma, parfois par le SSC Napoli n’ont réussi à renverser l’ogre turinois. Une peine pour le championnat italien qui a peu à peu perdu de sa splendeur en voyant deux cadors régresser.

Pourtant, quelque chose semble être différent cette saison. La Serie A a débuté il y a un peu plus de six semaines, et l’Inter de Milan a enregistré son meilleur départ sur ces dernières années. Six rencontres, dix-huit points, treize réalisations, seulement deux petits buts concédés… et une tête du classement devant une Juventus qui compte deux points de retard. Les Nerazzurri sont lancés, ce qui est loin d’être une surprise tant le palmarès du coach italien parle en sa faveur : trois Scudetti, une Premier League et des coupes nationales.

Si un homme peut éteindre la domination “bianconera” et les ardeurs d’un Sarriball, c’est lui. On peut le prédire : la lutte entre les deux coaches sera intense.

Le Sarriball

C’est lors de son passage à Naples que l’appellation « Sarriball » se popularise. Alors entraineur dans la région de Campanie, l’ancien banquier impose son style unique : 4-3-3 dont un jeu très direct, offensif et fluide. Dans la manière d’aborder les rencontres, le Sarriball trouve une grande inspiration dans le Tiki-taka de Pep Guardiola. L’Italien réclame constamment un tempo élevé, un pressing haut, et exige de ses joueurs une possession de balle ainsi qu’une construction qui trouve son origine chez le gardien.

Le style de jeu de Maurizio Sarri concentre ses particularités dans le trio d’attaque qui se veut très axial lorsqu’il évolue en 4-3-1-2 (ou 4-3-2-1). Plutôt que d’occuper la largeur entière du terrain, les joueurs se retrouvent à l’intérieur afin de laisser la possibilité aux arrières latéraux de dédoubler sur les ailes et d’apporter de la largeur dans la construction. Dans le 4-3-3 classique, les ailiers restent souvent ouverts et décrochent, donnant la possibilité aux milieux relayeurs d’infiltrer le dos des latéraux adverses qui étirent le bloc des opposants et donnent ainsi la liberté aux attaquants de décrocher pour ensuite s’appuyer ou se retourner quand ils sont seuls.
La sortie de balle propre est exigée par l’entraineur actuel de la Juventus qui fait de son numéro 6 sa plaque tournante et lui demande parfois redescendre un maximum. Ce dernier doit imposer le rythme de jeu et faire circuler le ballon pendant que les deux milieux relayeurs cherchent plus l’infiltration sans et avec ballon et proposent des solutions d’appui aux ailiers intérieurs (dans le 4-3-1-2) et à l’attaquant de pointe quand le milieu défensif parvient à les atteindre dans la verticalité. Un jeu de passes rapides qui réclame une précision dans les gestes et des prises de décisions instantanées, notamment lorsque le ballon pénètre dans les trente derniers mètres adverses. A Chelsea, l’ex-entraineur de Naples reprochait parfois à Éden Hazard son incessante envie de descendre dans sa moitié de terrain pour prendre le ballon, et ses nombreuses touches avant de libérer le cuir dans les derniers mètres du camp opposé.

Matuidi en pleine infiltration balle au pied dans les derniers mètres adverses, tandis que Khedira (derreire Higuain) se positionne entre le latéral et le défenseur central de Naples, obligeant le latéral à réduire l’espace entre lui et Koulibaly, ce qui permet à Douglas Costa (11) d’être seul dans la deuxième zone

Si Sarri exige de la discipline concernant le positionnement offensif et les taches de chacun, le coté défensif lui est plus flexible et l’adversaire influe sur la manière de défendre, sans tronquer quelques principes primordiaux du Sarriball ; le bon timing des mouvements sans ballon est indispensable afin d’alimenter un pressing haut et de le rendre le plus efficace possible en tentant de fermer les lignes de passes pour forcer l’adversaire à jouer long ou à commettre des erreurs. Dans son schéma défensif, Sarri demande aux ailiers de retomber dans l’axe pour prêter main forte aux milieux pendant que l’attaquant de pointe retombe légèrement dans le bloc et contribue au sale boulot en amorçant la pression sur les défenseurs centraux quand ils reçoivent le ballon, tout en les orientant vers l’avant afin que leurs seules solutions soient le jeu long ou l’infiltration balle au pied jusqu’au gouffre.
Bien qu’alléchante, et prolifique (en moyenne, 79 buts marqués par les équipes de Sarri en championnat), cette philosophie présente énormément de risques car quand le pressing fait défaut, les espaces se multiplient, donnant un élan important aux adversaires.

Matuidi effectue le pressing sur le défenseur central en bloquant la passe verticale. Ronaldo éteint la solution de passe courte pendant que Higuain se positionne entre le milieu défensif et le deuxième défenseur central, prêt à mettre la pression. Khedira partcipe à l’action en gagnant du terrain tandis que Pjanic couvre la zone laissée libre par Matuidi
Quand le pressing fait défaut, la Juventus laisse énormément d’espace aux adversaires qui en quelques passes peuvent se créer des situations dangereuses

D’abord à Naples, ensuite à Chelsea, la pièce maitresse du Sarriball s’appelait Jorginho. Titulaire indiscutable dans le 11 de base de Maurizio Sarri chez les napolitains, le médian italien n’a pas nié l’appel chez les blues d’un coach qui aura placé en lui énormément d’espoirs. Oui, ce style de jeu implanté par le coach italien exige d’un médian défensif des qualités techniques excellentes, des prises de risques conséquentes et une vision du jeu supérieure à la moyenne. Autant d’atouts qui permettent au milieu d’être le joueur clé d’un système qui repose sur une sortie de défense propre et rapide, mais qui demande également une lucidité exemplaire afin de distribuer les bons ballons sous pression ou après une récupération. En bref, le numéro 6 de Sarri est un chef d’orchestre avant d’être un récupérateur.

Dans les coulisses de la Vieille Dame, le nom de Jorginho résonnait, et le coach ne cachait pas son envie d’emporter dans ses valises son soldat. En vain.
Si les arrivées gratuites de Rabiot et Aaron Ramsey, le retour (libre lui aussi) de Gigi Buffon, et le retour de prêt de Gonzalo Higuain (Chelsea) ainsi que les transferts de Matthijs de Ligt et Danilo sont venus renforcer un effectif déjà bien rodé, c’est en Miralem Pjanic que le tacticien toscan semble avoir trouvé son maitre à jouer. Une technique excellente, un pied droit très fin et une vision du jeu impeccable, l’international bosnien possède en lui toutes les qualités offensives requises pour assumer ce statut de pièce maitresse.

Miralem Pjanic, positionné entre les lignes adverses, réclame le ballon tandis que Khedira occupe l’espace derrière le premier rideau défensif adverse et profite de la zone laissée libre par les milieux montés au pressing. L’espace derrière la première ligne napolitaine permet à Higuain de décrocher et de s’appuyer sur Khedira

Pourtant, à Chelsea, la plus grande difficulté de Maurizio Sarri fut d’implanter son style à une équipe qui depuis Ancelotti n’avait plus connu un entraineur dont la vocation principale était offensive. A la Juventus, la situation semble similaire : trois saisons sous Antonio Conte, cinq sous Massimiliano Allegri. Autant parler d’une Juventus habituée à prodiguer un football plus défensif qu’offensif. Si l’ex-entraineur de Naples tient à sa construction de l’arrière, il peut aussi s’appuyer la qualité des relances de Leonardo Bonucci, fort dans la verticalité.

Bonucci trouve la verticalité en allant s’appuyer sur Douglas Costa positionné entre les lignes, ou encore Matuidi


Bien que Pjanic (ou encore Aaron Ramsey) présente toutes les compétences requises pour endosser la tunique du regista, (Allegri lui avait confié un rôle quasi similaire) le temps d’assimilation complète du rôle de chacun dans l’équipe constitue une difficulté dans la bonne conduite du Sarriball, et peut-être que le tacticien devra de temps en temps opter pour un plan B et une meilleure adaptation en fonction du déroulement de la rencontre, ce qui aurait pu porter ses fruits à Chelsea mais qui fut très peu (sinon jamais) le cas lors de son passage à Londres, pendant lequel Sarri effectuait souvent les mêmes changements, rendant son équipe très prévisible.

Il peut quand même compter sur une attaque excellente dont le fer de lance n’est autre que Cristiano Ronaldo. Avec Dybala, Douglas Costa, Higuain et Mandzukic, la Juventus possède des atouts majeurs constituant une armada offensive qui, une fois la philosophie sarriballesque bien assimilée, sera dure à contenir.
Malgré un effectif supérieur à celui de l’Inter, l’équipe de la Juventus ne rajeunit pas. Gonzalo Higuain, Ronaldo, Chiellini, Bonnuci, Khedira, Matuidi, Mandzukic, Cuadrado… autant de cadres qui ont déjà passé la trentaine. Et même si ces joueurs évoluent encore à un niveau extrêmement élevé, il est clair que le déclin est proche. Une fois que les performances des joueurs d’expérience baisseront, c’est aux jeunes joueurs que reviendra la lourde tâche de commencer la nouvelle ère en posant de nouvelles bases.

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Le 3-5-2 de Conte

Lors de ses débuts en tant qu’entraineur, Antonio Conte était friand du 4-2-4 qui aura bien fonctionné lors de son passage à Bari pendant lequel il a remporté la Serie B ou encore à l’AC Sienna dont l’objectif principal, qui était de remonter en Serie A après une relégation, fut un succès. Mais, arrivé à la Juventus, Antonio Conte réalise que son 4-2-4 ne portera pas ses fruits, et opte pour un 4-3-3 qui deviendra peu de temps après un 3-5-2, système qui demande un travail tactique pointilleux à des joueurs qui ont principalement été formés dans des schémas à quatre défenseurs et un seul attaquant de pointe, le 3-5-2 n’étant pas une formation énormément employée à l’époque.

Au niveau défensif, la première phase du pressing, lorsque Conte veut un pressing haut, demande aux attaquants de sortir sur les défenseurs centraux en les orientant vers les cotés afin que la passe la plus facile soit celle sur leurs latéraux (ou le jeu long). De là, le fullback concerné effectue un pressing intense sur le latéral porteur du ballon tandis les deux milieux relayeurs s’occupent des milieux axiaux, allant jusqu’à marquer de près la plaque tournante adverse, quand le deuxième attaquant coupe la ligne de passe du latéral vers le défenseur central opposé.
La sentinelle s’occupe de couvrir les espaces dans le dos des milieux relayeurs et peut même sortir de sa position pour suivre un joueur qui décrocherait afin d’apporter son aide dans la construction. Le but de ce pressing est évidemment de forcer l’adversaire à jouer long ou à commettre l’erreur, ce qui n’est pas forcément unique au 3-5-2 d’Antonio Conte.

La première phase du pressing de l’Inter est effectuée très haut. Les deux attaquants se positionnent sur les défenseurs centraux tandis que les deux milieux relayeurs suivent de près les milieux de terrain adverses. Le latéral (D’Ambrosio) n’hésite pas à se jeter sur son opposant direct pour l’obliger à jouer long en coupant la solution de passe verticale sur la ligne
La première phase du pressing des hommes de Conte. Les interistes tentent de forcer l’équipe adverse à jouer long en s’engageant dans un pressing très haut

C’est dans la deuxième phase du pressing, lorsque l’équipe adverse parvient à sortir proprement malgré la pression subie, que le 3-5-2 de l’ancien international italien trouve ses particularités. Plutôt que de transiter d’un bloc haut vers un bloc moyen, Antonio Conte préfère placer ses attaquants de pointe derrière le rond central, très bas, à 40-45 mètres de leur gardien de but. Le rôle des attaquants est très important puisqu’ils doivent impérativement éviter que l’adversaire évolue verticalement, en maintenant une pression sur le porteur du ballon, afin que le reste de l’équipe puisse se replier et effectuer les glissements et ajustements nécessaires en fonction de la position du ballon. Les latéraux se retrouvent dans la dernière ligne défensive pour former une défense à cinq, derrière le trio du milieu, aidé par la paire d’attaquants.
Placé entre l’entrée de la surface de réparation et l’entrée du rond central, le bloc très bas d’Antonio Conte laisse le champ libre à l’équipe adverse pour faire tourner le ballon, jusqu’à aux tentatives de pénétration dans les 25 derniers mètres, lors desquelles tous les hommes du tacticien italien tentent d’éradiquer chaque danger. Soit dans l’axe en effectuant directement le pressing sur celui qui décroche ou le porteur du ballon, soit sur les côtés avec les fullbacks qui se lancent sur les ailiers ou latéraux adverses, sachant qu’ils sont couverts par quatre coéquipiers (3 défenseurs centraux + le latéral opposé qui glisse vers l’intérieur) et suivis par les milieux relayeurs attentifs aux joueurs pouvant apporter une solution de passe.

La deuxième phase du pressing est effectuée très bas. Les attaquants de pointe sont positionnés devant le trio du mileu et participent aux taches défensives. Le latéral est prêt à enclencher un pressing sur son opposant direct pendant que les trois défenseurs centraux et le latéral du coté opposé forment le dernier rideau du bloc et couvrent le dos du latéral engagé

Offensivement, le 3-5-2 offre des solutions fiables. Après la récupération du ballon dans une zone du terrain assez basse, la première passe qui enclenche la relance peut toujours s’appuyer sur l’un des défenseurs ou sur le regista souvent libre, sauf en cas de pressing total de l’adversaire comme le fait l’Ajax ou le Barça de Pep Guardiola avant, par exemple. Si les milieux relayeurs effectuent les mouvements adéquats, ils n’ont souvent aucun mal à proposer une aide au défenseur chargé de relancer. Et, si l’équipe adverse tente d’empêcher la relance axiale, la largeur des latéraux constitue également une solution de jeu pour une relance propre.
Pour contrer cette sortie de défense, les attaquants adverses sont forcés d’effectuer un gros pressing sur les trois stoppeurs pour casser les lignes de passes du défenseur central vers son latéral, tout en contrôlant la course de la plaque tournante d’Antonio Conte. Quasiment impossible de le faire pendant 90 minutes. Mais, en cas de succès, ce pressing peut mettre à mal le schéma du nouveau coach de l’Inter, et sa relance, si elle est entravée par des équipes capables d’exploiter ses failles, constitue souvent la clé dans des grosses rencontres.

Chez les Nerazzurri, Antonio Conte a surement trouvé un trio du milieu excellent, indispensable au succès du 3-5-2, (reformé en 3-1-4-2 plus précisément) comme ce fut le cas lors de son mandat turinois pendant lequel Pirlo, Pogba et Marchisio composaient le triangle d’or d’une équipe redoutable. Aujourd’hui, son triangle est formé par Brozovic (le 6) et Sensi (le 10), tandis que Barella ( ou Gagliardini ou Vecino) constitue le dernier morceau (le 8). Grâce à ses facultés techniques et à sa justesse dans son placement, Brozovic permet à Barella et Sensi une prise de risques plus accentuée, des courses vers l’avant et des infiltrations avec et sans ballon afin de créer des occasions pour eux-mêmes et leurs coéquipiers. Le triangle du milieu est la seule partie de son 3-1-4-2 que le manager italien se permet d’adapter et de varier, n’hésitant pas à laisser l’incontournable Brozovic descendre très bas durant la phase de construction ou à positionner deux pivots derrière un numéro 10 comme ce fut le cas lors du match contre la Lazio.

Dans sa philosophie, Antonio Conte exige généralement une sortie de balle à partir de l’arrière. Si les adversaires enclenchent un pressing haut, c’est au gardien de trouver les latéraux à l’aide d’un long ballon. Sinon, les défenseurs centraux utilisent toute la largeur pour créer plus d’espace pour le 6 et font circuler le ballon de gauche à droite en attendant de trouver la faille dans l’axe et de casser une ligne par une passe verticale sur les milieux. Les relayeurs se positionnent plus haut et, en possession de balle, tentent souvent de trouver la verticalité sur l’un des deux attaquants qui décroche pour ensuite s’appuyer sur le troisième homme afin d’étirer les lignes adverses et de se créer des espaces plus haut sur le terrain. Le style de jeu d’Antonio Conte requiert énormément de mouvements sans ballon. Toutefois, il laisse peu de liberté aux joueurs, les forçant à rester fidèles au schéma imposé.

Godin se voit offrir 4 solutions de jeu : Lukaku qui décroche et peut s’appuyer sur D’Ambrosio ou Barella, ou se retourner s’il n’est pas suivi. D’Ambrosio qui peut progresser le long de la ligne. Barella qui peut orienter le jeu. Lautaro qui part en profonfeur dans le dos des défenseurs
Les trois stoppeurs offrent énormément d’espace à Brozovic en se positionnant loin les uns des autres, ce qui oblige les attaquants adverses à augmenter l’écart qui les sépare, et à ouvrir l’axe du jeu. Si c’est possible, les milieux recherchent constamment la verticalité sur les attaquants qui remisent sur le trosième homme pour créer des ouvertures. Sinon, les milieux orientent le jeu pour tenter de trouver les latéraux plus haut sur le terrain


Les latéraux jouent également un rôle important dans l’animation offensive du 3-1-4-2 et, dans la conservation du ballon, les hommes de Conte tentent de passer d’une aile à l’autre le plus rapidement possible pour empêcher le bon positionnement de l’équipe adverse tout en créant des brèches sur les côtés, ce qui donne le temps de se retrouver en un contre un très haut sur le terrain, et d’apporter du danger.

Asamoah occupe toute la largeur du terrain afin de se retrouver en 1 contre 1 face à son opposant direct très haut sur le terrain

Une Serie A relancée

Si une chose est sure, c’est que les Bianconeri sont une nouvelle fois les plus grands favoris au Scudetto. Huits sacres consécutifs durant lesquels ils n’ont jamais concédé plus de cinq défaites, les chiffres parlent en faveur des invincibles de la saison 2011-2012, qui comptent aujourd’hui dans leur écurie Cristiano Ronaldo, qui ne cesse de battre des records.

Pourtant, c’est bien l’Inter qui mène les débats. Après six journées, les Nerazzurri ont fait un sans faute en prenant 18 points. Et comme prévu, la défense d’Antonio Conte semble bien solide puisqu’elle n’a encaissé que deux petits buts. La supériorité de l’effectif turinois ne laisse aucun doute, mais en face, si les transferts entrants sont de qualités, avec les arrivées de Lukaku et Godin, les prêts sont tout aussi impressionnants, à l’image des jeunes joueurs Nicolò Barella et Stefano Sensi, et du notoire Alexis Sanchez, véritables renforts pour le club milanais.

Aussi, et c’est loin d’être un point négligeable, le triple champion d’Italie, Antonio Conte, sait gagner des titres lors de la première année de son mandat. Ses équipes intègrent facilement les principes de son système, ce qui permet d’éviter à l’Italien un temps d’adaptation trop long. A Chelsea, Conte n’a pas seulement réussi à remporter le championnat, il avait également réussi à battre le record de victoires en une seule saison de Premier League, mettant la barre à 30 (record battu par Guardiola et City : 32 victoires).
De plus, le tacticien reste un cador dans la hiérarchie des entraineurs de football, et son génie tactique n’est plus à démontrer.

La septième journée de Serie A verra s’affronter les deux leaders du championnat. Il est fort probable que Sarri tente dans un premier temps de mettre à mal la construction du 3-1-4-2, en empêchant un maximum Brozovic de toucher au cuir grâce à son pressing haut, et s’ils arrivent à récupérer le ballon dans le camp adverse, ils essayeront de jouer le plus verticalement possible afin d’exploiter les espaces laissés dans le dos des latéraux positionnés plus haut. Le volume de jeu de Matuidi et de Khedira sera primordial contre une équipe qui sait utiliser la largeur pour étirer le bloc défensif et le laisser se fatiguer.
La suspension d’Alexis Sanchez est, quant à elle, une bonne nouvelle pour les Turinois qui doivent composer avec les absences de Chiellini et de Douglas Costa, blessés.

Offensivement, on attend une animation rapide du Sarriball, mais embêtée par le bloc haut puis bas de Conte. Les gestes devront être extrêmement précis et les choix efficaces pour déranger une défense ultra compacte qui sait souffrir. Avec Cristiano Ronaldo dans ses rangs, la Juventus sait qu’elle pourra faire preuve de patience avant de trouver la faille. Elle pourra également compter sur les infiltrations avec et sans ballon d’un Ramsey qui commence à prendre ses marques ou de Bernardeschi, mais aussi celles d’un Paulo Dybala très agile balle au pied dans les espaces réduits, s’il est aligné.

Du coté de Milan, Antonio Conte tentera surement d’exploiter les failles d’un Sarriball pas encore au point en ne dérogeant pas à la règle et en effectuant un pressing sur Bonucci et De Ligt, ou Matuidi loin d’être ultra à l’aise balle au pied. Godin retrouvera Cristiano Ronaldo pour la énième fois et tentera tant bien que mal de le contenir.
Lors de la transition défense-attaque, les Milanais tenteront probablement, grâce à Asamoah, de harceler l’aile droite de la Juventus, affaiblie par l’absence de Danilo et de De Sciglio, obligeant Cuadrado à se convertir en latéral droit, dans lequel il a déjà démontré des lacunes défensives, malgré une bonne intégration.
Si Miralem Pjanic débute, les intéristes pourront profiter de la forme de Sensi et Barella pour exploiter les quelques espaces laissés par le Bosnien, loin d’être un récupérateur.
Lukaku qui avait ressenti une gêne musculaire pendant la semaine, pourrait être de retour ce soir pour apporter un poids supplémentaire sur la défense turinoise.

Cette saison, la course au titre s’annonce donc plus attrayante, l’Inter possédant quelques atouts majeurs susceptibles de faire renverser la tendance en fin de saison. Et cela pourrait commencer ce soir, au Giuseppe-Meazza.
Mantenere l’attenzione, comme on dit.

Alexander Anderson

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