Le Clasico : une opposition historique, politique et sportive

Real Madrid – FC Barcelone : une affiche que nous attendons toujours avec impatience, une affiche qui réunit les astres de la planète foot et que tout amateur (et professionnel) de football rêve de jouer. Pourtant cette affiche est aussi riche d’une histoire qui dépasse la sphère footballistique. Retour sur la dimension politique, historique et sportive de cette rivalité, mais aussi sur l’importance de ces deux clubs dans le développement du football espagnol.

La genèse des clubs : identité, identification et liens indéfectibles

Avant d’aborder le moment fort qui va accroître le clivage entre les catalans et les royalistes, un petit point historique sur l’origine des clubs s’impose.

Le FC Barcelone n’a pas été créé dans un contexte hasardeux : en effet, sa période de création correspond à la résurgence de l’identité catalane à la fin du XIXème siècle. Cette période de renaissance (Renaixença en catalan) est un mouvement culturel de la seconde moitié du XIXème siècle, et prend fin en 1890. Le club bleu et rouge grenat (azulgrana en espagnol, blaugrana en catalan) naît le 29 novembre 1899, à la fin de ce mouvement. Il est, et sera par la suite, la matérialisation des idéaux de ce courant et symbole de cette résurgence. Un étendard de la culture catalane, une trace indélébile d’un romantisme conservateur et régionaliste.

Les points essentiels à retenir de ce mouvement identitaire sont notamment le refus des règles classiques établies, un individualisme exacerbé couplé à un éclectisme (attitude philosophique visant à réunir divers éléments philosophiques pertinents d’univers différents afin de créer un système nouveau) et une grande liberté artistique. Des notions qui relèvent normalement de l’art et de la littérature mais qui auront pourtant une importance capitale dans le jeu du Barça puisqu’ils seront l’essence même du jeu blaugrana. Malgré la présence forte d’une fierté régionaliste, le club catalan conserve un ADN international puisqu’il a été créé par Hans-Max Gamper (plus communément appelé Joan Gamper en Espagne), un amoureux de foot d’origine suisse. Petite anecdote, le catalanisme partage des sensibilités éloignées mais tangibles avec le communisme, ce qui fera des catalans des sympathisants des idées du bloc soviétique et justifiera par la suite la haine viscérale de Franco vis-à-vis du communisme.

Photo du premier clasico de l’histoire le 13 mai 1902 à Madrid, dans le cadre de la Copa de la Coronación

Le Madrid Football Club quant à lui est fondé le 6 mars 1902 par Joan Padrós, catalan d’origine (né à Barcelone, le 1er décembre 1869). Il est le fruit de la fusion de plusieurs clubs déjà existants à Madrid qui ont décidé de s’unir au vu du réel engouement que suscitaient alors les rencontres entre clubs de foot de Madrid. Au contraire d’un impact régionaliste basé sur un mouvement artistique littéraire et culturel, la création du Real Madrid aura un impact sur l’ensemble du royaume castillan. 1902 est une année charnière dans l’histoire de l’Espagne puisqu’elle correspond à l’accession au trône d’Alfonso XIII. Malgré son jeune âge (seize ans à peine), le roi Alfonso est déclaré et considéré majeur : celui-ci gouverne enfin l’Espagne par lui-même (il régnait par l’intermédiaire de sa mère Marie-Christine d’Autriche, alors régente de la naissance jusqu’à la majorité déclarée d’Alfonso). Des fêtes en l’honneur du couronnement d’Alfonso XIII seront organisés et parmi elles, une compétition de football : la Copa de la Coronación (Coupe du Couronnement en français). Il s’agit de la première compétition de football professionnelle de l’histoire en Espagne et surtout, c’est le théâtre du premier clasico de l’histoire.

Une confrontation qui verra le FC Barcelone l’emporter sur le Madrid Football Club sur le score de trois buts à un, dont un but du fondateur du club Joan Gamper. Malheureusement, le Barça ne réussit pas à remporter la compétition, battue en finale par le Club Vizcaya, qui deviendra par la suite l’Athletic Bilbao. Une coupe en l’honneur du Roi qui aura un succès tel que la compétition, censée être éphémère, sera maintenue puis s’étendra à l’ensemble des équipes de football du pays. La Copa del Rey est née. Outre la naissance de la compétition, à un niveau plus restreint elle sera également à l’origine de ce qui sera par la suite l’ADN du club madrilène : gloire et victoires. En 1920, le roi Alfonso devenu fervent supporter de la Casa Blanca accorde une onction royale à son club favori (qui représentait la ville de Madrid et pas seulement le club en lui-même) : le club est rebaptisé Real Madrid. Pour valider cette onction royale, la couronne du roi trône au-dessus du logo du club.

À priori, rien ne prédestinait cette affiche à une telle portée sur un terrain autre que le terrain de football ; et pourtant, quelques années plus tard, un événement va alimenter le clivage entre le Real Madrid et le FC Barcelone : la guerre civile espagnole.

La guerre civile espagnole, source de l’accentuation du clivage entre royalistes et catalans

De 1936 à 1939, l’Espagne connaît les heures les plus sombres de son histoire. La guerre civile espagnole (ou guerre d’Espagne) commence le 17 juillet 1936 et se termine le 1 avril 1939 ; au cœur de ce conflit deux camps distincts : le camp républicain (avec entres autres la généralité de Catalogne) et le camp nationaliste (composé de royalistes). Cet évènement qui intervient à la veille de la Seconde Guerre Mondiale est l’évènement le plus sanglant de l’histoire sur le territoire espagnol. Il verra l’ascension d’un homme : le général Francisco Franco. Franco sera pour les catalans un véritable cauchemar, un tortionnaire farouchement opposé aux idées indépendantistes catalanes. Mais comment en sommes-nous arrivé à ce stade ? Comment son ascension s’est faite et surtout quel rapport avec le clasico ? Nous allons développer tout cela et répondre à ces questions. Revenons d’abord aux origines de la Guerre d’Espagne.

Le général Miguel Primo de Rivera (à gauche) s’entretenant avec le roi Alfonso XIII (à droite)

Nous sommes en 1930 : le roi Alfonso XIII destitue le général Miguel Primo de Rivera, alors chef du gouvernement. Dans la foulée, des élections municipales sont organisées car le régime dictatorial de l’époque est chancelant, les coups d’états se multiplient et Alfonso décide de revenir à un régime constitutionnel. 1931 est donc une année charnière en Espagne sur le plan politique puisqu’elle correspond à la victoire des candidats républicains dans une majorité de circonscriptions espagnoles le 12 avril de la même année : un véritable camouflet pour le camp monarchiste. Une défaite cuisante qui amorce l’instauration de la Seconde République. Cette république est celle de l’espoir pour beaucoup de républicains, et cela s’explique par le retard pris par l’Espagne vis-à-vis des autres pays industrialisés. Le pays est pauvre, compte un retard conséquent par rapport à ses voisins directs et autres pays européens sur les plans éducatif (taux d’analphabétisme énorme représentant à peu près la moitié de la population en 1930), social (divisions sociales inégales et marquées, place des femmes dans la société quasi-inexistante) et politique (instabilité gouvernementale, classe politique véreuse). Alors à l’heure des municipales, les républicains ont fait leur trou à la manière du parti socialiste en France bien des années plus tard avec François Hollande en 2012, mêlant lassitude de la classe politique en place, espoir et volonté de changement.

Le 14 avril 1931, les républicains espagnols remportent les élections municipales. La Seconde République est proclamée.

L’Espagne va alors rebondir sous l’impulsion du nouveau gouvernement. Face à la misère, le retard au niveau de l’éducation ou encore la mauvaise gestion de son armée, le gouvernement de la nouvelle république va apporter plusieurs réponses. Tout d’abord, le corps politique va s’atteler sur la question de l’éducation. La culture espagnole étant en péril et le gouvernement y trouvant une justification dans le manque d’éducation des jeunes espagnols, le gouvernement met tout en œuvre pour y remédier. A fortiori, des écoles seront construites, des emplois seront créés (instituteurs, différents métiers du BTP essentiellement), ce qui remédiera en partie à la question du chômage. Dans plusieurs domaines (les principaux énoncés et d’autres annexes), la Seconde République connaît un réel essor qui relance totalement l’Espagne et lui redonne ses lettres de noblesse.

La question de la laïcité se posera également. Le corps dirigeant souhaite en temps de république séparer l’Église de L’État. Mais dans un pays comme l’Espagne, fervent catholique et qui voit sa religion comme premier vecteur qui façonne le pays et son mode de pensée et de fonctionnement, cela relève de l’ineptie. Une question délicate qui se révélera être un argument de poids pour les monarchistes par la suite dans leur tentative de reprise du pouvoir. En janvier 1936, le Front populaire espagnol naît. Le Frente Popular est issu d’une coalition composée par les républicains, les socialistes et les communistes. Le parti remporte les élections générales de 1936. Une victoire qui résonne partout en Europe puisque dans le même temps, le Front populaire français incarné par Léon Blum remporte les élections la même année.

Affiche du Front populaire en Catalogne en 1936 qui réunit les drapeaux catalans, communistes, socialistes, anarchistes et républicains

Le 17 et le 18 juillet 1936, l’armée tente un putsch à partir de Melilla, une ville appartenant au protectorat espagnol basé sur le territoire marocain. De là, la multiplication des coups de force de l’armée à travers tout le pays se fera sentir. De cet événement résultera la révolution sociale espagnole d’août 1936. Dans le cadre de la Catalogne, ce sera le tournant de son histoire car cela se rapproche de leur idéal de gouvernement dans le cadre d’une indépendance de leur région. Gestion autonome des ressources minières, créations d’entreprises collectives, autonomie dans la prise de décision pour la direction que doit prendre la politique de la région : en l’espace de quelques jours, les travailleurs ont pris le contrôle de la Catalogne et gèrent comme ils l’imaginaient leur région. Des travailleurs qui sont au centre des décisions, il y a là un esprit communiste dans la politique autonome catalane de cette époque, dont on connaît la sympathie, la sensibilité et les teintes dans le catalanisme. Ce sera aussi l’occasion pour la Catalogne de créer leur langue, refaire l’alphabet afin d’avoir un alphabet catalan. Dans tout ce tas de décisions, la Catalogne prend une avance considérable sur le reste de l’Europe notamment en autorisant l’avortement (bien que contraire au catholicisme qui régnait sur toute la péninsule ibérique), mais aussi de façon plus globale dans sa participation à l’émancipation et la libération des femmes.

Francisco Franco (au centre de l’image), ici en août 1936 après la victoire à Burgos, au nord de l’Espagne

De ces évènements découlera la Guerre d’Espagne. Au début de la guerre d’Espagne, les effectifs dans les deux camps sont équilibrés et possèdent le même nombre de combattants. Néanmoins un facteur va déséquilibrer l’opposition : l’armée franquiste possède l’appui militaire des généraux nazis et de l’aviation du royaume d’Italie de Mussolini. Même si les républicains bénéficieront du soutien des soviétiques et du Mexique, les hommes d’Hitler sont en avance sur la technologie de l’armement et si le début de la guerre civile paraissait équilibré, l’armement nazi et l’aviation italienne étant en avance sur ce qui se faisait en terme d’armement en Espagne, Franco et sa coalition l’emportent sur le camp républicain. L’appui nazi et italien n’est pas un hasard : à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, Hitler et Mussolini avaient besoin de ne pas être gênés au moment d’attaquer la France. D’autant plus qu’en opportuniste invétéré, Franco ne se souciait guère des desseins nazis et italiens. Cela constituant un véritable cul de sac pour ceux qui voudraient fuir la France, il ne resta donc que l’option britannique pour ceux qui voulaient fuir la guerre (et par la suite le régime Vichy).

Franco remporte la guerre civile, et par la même occasion dupe le roi d’Espagne pour prendre la totalité du contrôle du pouvoir. Étant dans les bonnes grâces du roi, se faisant de plus en plus remarquer au point d’être une sorte de favori royal, Francisco Franco fera faux bond à Alfonso XIII. Bénéficiant de l’appui prononcé du roi dans la guerre civile, appui notamment financier, Franco gravit les échelons dans l’ombre du roi en attendant patiemment son heure de gloire. Ni opposé à la Seconde République, ni à l’extrême droite de l’époque (les phalangistes), ni même un centriste, Franco est simplement un opportuniste dont le seul intérêt est le sien, comme en atteste son détournement de fond issu de la vente de café brésilien. Franco a ensuite signifié dans une lettre au roi qu’il serait totalement inutile dans la manière de gérer le pays. On se demande souvent comment un régime comme celui de Franco a pu exister même après la Seconde Guerre Mondiale et la volonté de rompre avec toute forme d’autoritarisme. La raison est simple : la Guerre Froide. Dans une lutte idéologique entre l’est et l’ouest, Franco s’avérait être farouchement opposé aux idées communistes. Ce simple fait a suffi à le préserver de toute inquiétude. Son opposition au communisme n’est pas un hasard non plus, puisque les indépendantistes catalans sont des sympathisants de la première heure du communisme, et sur certains aspects épousent des points communistes clairs (comme le fait de mettre les travailleurs au centres des débats en 1936 par exemple).

De 1939 à 1978, le règne de Francisco Franco sera autoritaire. La Catalogne, de par ses envies indépendantistes deviendra le bouc émissaire de Franco. La liberté de presse étant sous contrôle, l’armée et la police réprimant les manifestations et les envies venues de Catalogne, les catalans vont se servir du football pour exprimer leurs idées. Plus qu’une enceinte de football, le Camp Nou devient désormais une tribune politique pour les indépendantistes.

Stades, transfert et assimilation : la dimension du clasico post-guerre civile

Le clasico est symbolisé par ses stades, qui ont été les théâtres de nombreux scénarios fous. Mais durant l’ère de Franco, les deux stades seront aussi des tribunes politiques.

Le stade Santiago Bernabéu devient la tribune politique fétiche de Franco. Profitant du succès du club de Madrid en Liga mais surtout en Coupe d’Europe des Clubs Champions (C1), Franco se montrera à Bernabéu. Se montrant proche du président Bernabéu, ce n’est là qu’une manœuvre de sa part pour s’approprier d’une certaine manière les succès du Real Madrid, un moyen d’envoyer un message positif à l’Europe. Un message implicite qui vante la qualité et le dynamisme de l’Espagne sous son règne. Néanmoins, la réalité est toute autre et une autre voix se fait entendre du côté du Camp Nou. Le Camp Nou devient le lieu de prédilection pour tout type de revendication, et plus encore lorsque le Real Madrid se présente sur cette pelouse. C’est dans cette période que la devise « més que un club » naîtra. Une devise qui fera entrer le club dans une autre dimension. Il ne s’agit plus alors seulement de sport mais aussi de politique. Il ne s’agit plus alors seulement d’un lieu d’union mais aussi un lieu de doléances et réclamations à ciel ouvert.

Alfredo Di Stéfano, objet d’une affaire d’état dans le cadre de son transfert, exulte suite à un but lors d’un clasico

Au niveau du marché des transferts, la rivalité s’envenime également en 1947. Le FC Barcelone s’est positionné afin de recruter un jeune joueur aux qualités athlétiques exceptionnelles et qui a tout pour être la star des lendemains du football européen. Ce joueur répond au nom d’Alfredo Di Stéfano. Le Barça avait négocié avec le club pour lequel il jouait, River Plate en Argentine. Pendant ce temps, le Real Madrid s’est également positionné sur le cas, en négociant avec le club à qui appartenait Di Stéfano, à savoir le Millonarios, un club colombien. Cela finit par devenir une véritable affaire d’état. La décision du gouvernement espagnol fut la suivante : une alternance des clubs. Alfredo Di Stéfano évoluera deux saisons au FC Barcelone, et deux saisons au Real Madrid entre 1953 et 1957 en suivant cette alternance (Real-Barca-Real-Barca) puis les clubs devaient se mettre d’accord sur l’acquéreur définitif. Face à cette décision, le club blaugrana voudra vendre ses droits sur Di Stéfano à la Juventus Turin sans que le joueur ne le sache. Une pratique véreuse que n’a très peu goûté l’attaquant argentin et qui coûta cher au barca : la flèche blonde s’engagea totalement avec le Real Madrid en réponse. La suite nous la connaissons tous : il deviendra le plus grand joueur de l’histoire du Real Madrid de façon incontestable, jusqu’au passage d’un certain Cristiano Ronaldo. Cet histoire autour du transfert de la légende madridista est souvent dite celle de la naissance du football mondial en club.

Un autre joueur va cristalliser la rivalité Barca-Real : Johan Cruyff. Fraîchement arrivé de l’Ajax Amsterdam, triple champion d’Europe en titre, son palmarès sera famélique : une Liga et une coupe du roi. Et pourtant, il sera surnommé El Salvador (le sauveur) pour avoir déclaré qu’il préférait signer au FC Barcelone qu’au Real Madrid. Cette déclaration lui donnera une aura presque toute puissante en Catalogne et fera de lui une véritable icône blaugrana et, à plus grande échelle, une des têtes de gondole du catalanisme. Cruyff s’intégrera et assimilera la culture catalane, au point d’appeler son fils Jordi, alors prénom interdit à cette époque. Plus tard lorsqu’il sera le coach du Barça, Johan Cruyff donnera une identité de jeu à son équipe, une identité dont les catalans pourront se vanter et s’y identifier.

Cette notion de « beau jeu » résonne dans l’esprit des barcelonais, puisqu’il renvoie au principe de l’art, la poésie, la fantaisie, l’imagination, l’idéalisme voire de l’utopisme. Un éclectisme prononcé aussi dans le style de jeu via des teintes de football total, de volonté de propreté dans la ressortie de balle, de la construction des actions et du jeu de position rigoureux de l’époque. Dans le système de jeu aussi la démocratisation du 3-4-3 qui s’avère être une version hybride d’un 4-3-3, on y sent une inspiration nouvelle, qui intrigue, mais surtout qui plaît. A priori ce n’est qu’une envie de jeu du technicien catalan, mais dans une réflexion intense, on y trouve les principes de base de la renaissance catalane après avoir égrainé les principes de jeu de Cruyff. Cela aussi renforcera davantage son aura et les succès sportifs seront la cerise sur le gâteau pour le technicien hollandais.

Johan Cruyff, sous la tunique du FC Barcelone, arborant fièrement le fanion aux couleurs catalanes

Depuis la mort de Franco en 1978, les clasicos se sont peu à peu moins politisés. Néanmoins, chaque rencontre est spéciale, elle fait résonner un passé douloureux et il reste encore une trace de ce passé dans chaque rencontre. La situation actuelle en Catalogne qui a obligé le report du clasico est aussi un rappel sur l’importance de cette affiche. Malgré les tensions palpables, le match au Camp Nou n’aurait peut-être pas été annulé s’il opposait seulement le club catalan au Getafe.

L’aspect politique n’est pas définitivement effacé de cette rencontre mais il s’effrite néanmoins au profit d’une rivalité plus sportive et économique. La rencontre telle que nous la connaissons n’a quasiment plus rien à voir avec la signification et l’importance qu’elle a eu par le passé. Bien que certaines tensions (purement sportives cette fois-ci) se soient fait sentir durant les duels Guardiola-Mourinho sur les bancs respectifs du Barça et du Real Madrid, aujourd’hui les joueurs se congratulent à la fin du match. Certains regrettent ce manque de tension sportive, d’autres y verront le retour en grâce de l’esprit sportif qui revient sur le devant de la scène. Mais il ne faut jamais oublier que derrière chaque « Visca el Barça i visca Catalunya » (abrégé en « Visca el Barça ») il y a une prise de position politique, c’est l’occasion de rappeler le désir d’indépendance de toute une région derrière ce qui semble être un simple encouragement pour son club favori. L’idée reçue qui voudrait que le Real Madrid est le club de la famille royale est fausse. Chaque membre de la famille royale à son club favori, même si leur statut social laisserait penser qu’elle soutient le Real Madrid. Preuve en est, l’actuel roi d’Espagne Felipe VI est un supporter de l’Atlético de Madrid, au contraire de son illustre père Juan Carlos qui lui était un madridista affirmé.

Le sport roi a repris son droit dans cette rencontre, mais cette rivalité restera à jamais unique pour tous ces motifs. Que l’on soit madridista, blaugrana ou simplement neutre devant cette affiche, derrière chaque opposition de cet acabit se cache une histoire profonde. Le football unit, mais a aussi permis de diviser. Mais surtout, le football, comme toute forme d’art, est et sera à jamais un passeport intellectuel, qui offre la possibilité de s’enrichir humainement et culturellement. Une fenêtre qui permet de véhiculer tous types de messages, bons comme mauvais.

Abdou lad

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