Manchester United – Aucune issue à l’horizon

En 2013, après son dernier titre de champion d’Angleterre gagné noblement devant le rival Manchester City et l’ennemi Chelsea, Sir Alex Ferguson fait ses adieux à un club qu’il aura dirigé pendant 27 ans. Si les larmes de la légende écossaise au moment des adieux brisaient le cœur des fans mancuniens, nul ne se doutait que le départ de Fergie serait synonyme de calvaire pour le club le plus titré d’Angleterre. 

Le 7 aout 2016, la planète foot s’enflamme. La raison ? Par le biais d’une apparition dans une campagne de publicité d’Adidas, Paul Pogba annonce son retour à Manchester United, club qu’il avait quitté en 2012 pour prendre la direction de la Juventus. « I’M BACK » peut-on clairement entendre de la bouche du français, qui après quatre années hyper productives chez la Vieille Dame, fait un retour tant attendu outre-Manche. Contre environ 110 millions d’euros, La Pioche réenfile la tunique rouge, qu’il avait choisi de laisser en 2012, réclamant plus de temps de jeu en équipe première. Après des prestations de classe mondiale chez les Turinois, les attentes sont énormes autour de celui qui clame haut et fort vouloir être un prétendant sérieux au ballon d’or. De plus, depuis le départ de Sir Alex Ferguson, le club peine à retrouver sa sérénité. Alors quand les dirigeants annoncent la venue de José Mourinho, spécialiste des situations de crise, ainsi que celle de La Pioche, il y a comme une vague d’espoir dans l’antre d’Old Trafford.

« Le problème de Pogba, c’est Manchester : c’est un club déconnecté de la réalité, sans projet sportif. Aujourd’hui, je n’y enverrais personne d’autre, ils ruineraient même Maradona, Pelé et Maldini. Paul a besoin d’une équipe, comme à la Juve, avant. » (Mino Raiola, lors d’un entretien accordé au quotidien italien La Repubblica)

Seulement voilà, les résultats ne sont pas à la hauteur du budget investi et le club continue de couler, si bien que des tensions se ressentent au sein d’une écurie qui souffre encore du départ de son preux chevalier. La situation se dégrade, et le 31 décembre 2019, Mino Raiola, agent de Paul Pogba, entre autres, déclare : « Le problème de Pogba, c’est Manchester : c’est un club déconnecté de la réalité, sans projet sportif. Aujourd’hui, je n’y enverrais personne d’autre, ils ruineraient même Maradona, Pelé et Maldini. Paul a besoin d’une équipe, comme à la Juve, avant. » Comme ça, c’est dit. 

Mais pourquoi un agent renommé, quelques années après avoir été heureux de voir son joueur le plus bankable revenir dans le plus grand club d’Angleterre en véritable vedette, lui en veut autant, jusqu’à quasiment remettre en cause son professionnalisme ?

Les Glazer’s, et Ed Woodward

C’est en 2005 que nait le mariage entre la famille mancunienne et les Glazer’s. En effet, cette année-la, Malcolm Glazer richissime businessman américain et propriétaire des Tempa Bay Buccaneers (équipe de football américain) devient le patron de Manchester United. Avec lui, Malcolm emmène ses six enfants : Avram et Joel, coprésidents du conseil d’administration, mais aussi Kevin, Darci, Bryan et Edward, membres du conseil. Leur but : faire de Manchester United une machine à sous hyper rentable. Mais cette idée ne plait pas à tout le monde. Les voix s’élèvent pour dénoncer la vision d’un homme qui semble beaucoup trop attiré par les gains potentiels, au détriment d’une réelle gestion sportive et efficace. Et pour ne rien arranger, les Glazer’s se lient d’amitié avec Ed Woodward. Grâce à ses conseils lors de la prise en charge du club, l’ex-banquier est d’abord nommé en tant que chef des opérations commerciales et médiatiques du club. Puis, en 2012, il obtient le poste de vice-président. Bien que l’alliance Glazer’s – Woodward n’ait jamais fait l’unanimité au sein d’Old Trafford, la santé du club était au beau fixe. En effet, non seulement Woodward rapportait des contrats de sponsoring juteux, grâce à ses talents d’homme d’affaires, mais surtout, les trophées étaient bien présents : une LDC, cinq titres de champion d’Angleterre et trois Coupe de la Ligue Anglaise s’ajoutaient au palmarès déjà bien garni des Red Devils. De quoi faire oublier aux supporters le produit marketing qu’était devenu leur club favori, grâce auquel la famille américaine s’en met plein les poches.

Avram Glazer et Ed Woodward en Tribune lors d’un match de Manchester United

Mais il y a bien un facteur clé qui a permis aux mancuniens de continuer à s’élever sainement, camouflant tous les défauts et problèmes liés à la nouvelle direction prise par Man United : Sir Alex Ferguson. Présent au club presque vingt ans avant l’arrivée des Américains, l’Écossais détenait les clés de Carrington, et la confiance de tout un peuple. Les transferts arrivants, les transferts partants, la gestion du staff, de la pelouse même, où que sais-je encore, Fergie mettait la main sur tout ce qui concernait l’aspect sportif. Pas question de déléguer : il était un Général Manager. Avec lui, les Glazers et Ed Woodward n’avaient nul besoin d’être au premier plan, et se faisaient très discrets, n’apparaissant que très rarement sur le devant de la scène. Jamais une critique n’aura été émise par l’entraîneur écossais au sujet de ses dirigeants devant la presse. Sa connaissance du football et son expérience, mais également son aura et ses résultats, lui donnaient droit à une totale liberté. Malheureusement, l’étendue des responsabilités prises par le manager n’avait pas que des avantages puisque sa manière de fonctionner n’a jamais laissé l’occasion aux patrons de se remettre en question, ou de s’intéresser plus à l’aspect sportif que financier.

Une suite d’échecs

Alors quand en 2013 Sir Alex annonce sa retraite, il emporte avec lui tous ses savoirs et les bienfaits de sa gestion pour laisser place à David Moyes, et à Ed Woodward. Le premier possède des qualités de coaching indéniables, et son travail à Everton avait fait de lui le candidat parfait pour la succession de Ferguson. Seulement, à l’époque, l’installation du retraité avait pris du temps puisqu’il lui avait fallu quatre ans avant de remporter son premier trophée et de commencer à construire une véritable dynastie à Carrigton. En ce qui concerne Moyes, le football moderne n’accepterait jamais qu’avec les moyens mis à sa disposition, il ait besoin de plus d’une saison pour arriver à ses fins. De plus, n’étant pas Fergie, l’ex-entraîneur d’Everton devait se partager la gestion avec Ed Woodward, même si les rumeurs disent que Moyes avait bien la mainmise sur les arrivées et les départs, et qu’ayant été choisi par Ferguson lui même, il avait un certain crédit. En vain. Les résultats restaient insuffisants. 

En Avril 2014, David Moyes perd son poste d’entraîneur, moins d’un an après son arrivée. Un simple passage à vide, inhérent aux phases de transitions par lesquelles un club peut passer après la perte d’un élément clé, peut-on alors penser. Ryan Giggs assure l’intérim en tant qu’entraineur-joueur jusqu’à la fin de la saison mais sans convaincre. Après dix-neuf saisons consécutives qui ont vu United participer à chaque champagne de Ligue Des Champions, l’objectif est loupé après l’obtention d’une piètre septième place. 

Pour remédier au fiasco Moyes, Manchester United engage Louis Van Gaal. Le Hollandais dont le palmarès n’est plus à étoffer arrive à Carrington avec l’ambition de remettre le club là où Fergie l’avait laissé. Mais il y a un hic : L’effectif est vieillissant et perd des cadres. Ryan Giggs prend sa retraite après avoir été entraineur-joueur tandis que Patrice Evra, Rio Ferdinand et Nemanja Vidic quittent le club. Dans l’espoir de rebâtir une équipe compétitive, le board fait signer plusieurs joueurs dont deux grosses pointures : Angel Di Maria et Radamel Falcao. Le premier malgré douze passes décisives qui ont fait de lui le meilleur passeur du club cette saison là, ne parvient pas à briller de milles feux, tandis que le second flope totalement. Tous deux partiront à la fin de la saison. Avec huit défaites en championnat, les hommes de Van Gaal terminent à une quatrième place, un petit pas en avant tout de même par rapport à la saison précédente. Semblant sur les bons rails, Ed Woodward et surtout Van Gaal décident de rajeunir l’effectif. Au revoir Robin Van Persie, Tom Cleverley, et consorts. Bonjour Anthony Martial, Memphis Depay, Marcus Rashford, Andreas Pereira, Adnan Januzaj,… Si Anthony Martial est aujourd’hui le chouchou du public, Memphis Depay, lui, n’aura pas fait de prouesses. Malgré une cinquième place et une élimination dans la plus prestigieuse des compétitions européennes de clubs, l’ex-entraîneur du FC Barcelone remporte la FA Cup contre Crystal Palace. Pourtant, à ce moment précis, il savait déjà qu’il ne resterait pas. Les rumeurs sur la nomination de Mourinho allaient bon train, et le Hollandais était bien conscient que son temps était compté. 

Les limites d’une direction calée sur l’aspect financier mais inexpérimentée sur l’aspect sportif continuaient de se faire ressentir. Bien que les résultats de Louis Van Gaal n’étaient pas à la hauteur des attentes, ou du budget dépensé pour bâtir son équipe (c’est lui qui a choisi de faire venir Bastian Schweinsteiger, malheureusement trop souvent blessé), aucune analyse concrète n’a été faite sur le jeu en lui-même en fonction de l’effectif. Au contraire, il n’y a eu qu’une analyse du résultat : en effet, si sur papier la cinquième place et l’élimination en C1 sont préjudiciables, cela ne signifie pas que le contenu, si on prend en compte la qualité réelle de l’effectif, est mauvais. Après une saison, Di Maria, meilleur passeur de la saison 2014-15 malgré des performances en dents-de-scie, partait déjà, faute d’avoir convaincu, et ce même après avoir été essayé à chaque position qui aurait dû lui convenir. Or, un joueur supposé en méforme qui termine meilleur passeur du club, en dit beaucoup sur les ressources de l’équipe.
Bastian Schweinsteiger, venu en tant que joueur très expérimenté et censé renforcer le secteur du milieu en assumant un rôle de leader, était souvent blessé et hors de forme. Radamel Falcao n’était pas le premier choix de Van Gaal, mais au final c’est celui qu’il a eu, malgré ses antécédents médicaux compliqués. Les risques de blessures étaient élevés, et surtout, son niveau n’était plus celui de l’Atletico Madrid. Quant à Robin Van Persie, il n’était plus assez performant et frais pour évoluer toute une saison au front, et c’est Wayne Rooney qui a du palier le manque de profondeur, alors qu’à cette époque, le joueur anglais s’était déjà converti en numéro 10 et ce depuis assez longtemps. Memphis Depay a porté le numéro 7 mythique du club sans pour autant atteindre le niveau escompté, en dépit de tous les espoirs placés autour de lui… Des détails (il en reste encore beaucoup mais qu’on ne mentionnera pas) qui sont à prendre en compte lorsqu’on fait le bilan d’une saison. Bien sûr, tout ne fut pas parfait, il faut l’avouer, notamment le style de jeu de Van Gaal jugé beaucoup trop ennuyeux, bien qu’il ait tenté une approche offensive et propre basé sur la possession du ballon. Mais pour se remettre sûr de bons rails, il faut de la patience et un niveau de connaissances assez élevé pour être capable de contextualiser les résultats obtenus par un coach. Malheureusement, les connaissances footballistiques ne sont pas les premiers savoirs des dirigeants. Et puis, Louis Van Gaal allait entrer dans la dernière année de son contrat, et ne comptait pas renouveler puisqu’il souhaitait prendre sa retraite, ce qui était (soi-disant) l’argument principal qui a poussé Ed Woodward à contacter Mourinho plus tôt que prévu, car ce dernier aurait dû rester quatre ou cinq saisons… utopique quand on sait qu’il s’agit de Mourinho.

De plus, et dans le football actuel c’est un facteur très important, Van Gaal avait pour habitude de donner énormément de crédit aux jeunes joueurs. On pense à Adnan Januzaj qui a éclos avec le coach hollandais avant de disparaître après son départ, ou encore Rashford, Anthony Martial, James Wilson et Luke Shaw, par exemple. Avec quelques ajustements, qui sait ce qu’il aurait pu faire avec un groupe si talentueux lors de sa dernière saison ? Malheureusement, depuis le départ de celui qui avait lancé Andres Iniesta au Barca, rien n’a changé au niveau de la direction. Ed Woodward est toujours en charge, et en plus Matt Judge, qui a une maîtrise en économie et finance et treize ans d’expérience dans les services bancaires d’investissement, la négociation des honoraires et des contrats, est le bras droit du Vice-Chairman. Alors que les dirigeants clament haut et fort que la priorité de Man Utd est le football et le succès sur le terrain, la nomination d’un ex-banquier sans expérience footballistique en tant que directeur technique (Matt Judge) laisse penser que le club est surtout un produit commercial dont le but premier est de rapporter gros grâce aux ventes de maillots et tout ce qui peut générer de l’argent de poche.

Et la suite ?

« Je considère que finir deuxième avec Manchester United en Premier League a été la meilleure performance de ma carrière. » (Jose Mourinho, lors d’une interview accordée à BeIn Sport)

Pour rappel, Jose Mourinho, dont le nom est cité plusieurs mois avant la fin de saison 2015-16, succède à Van Gaal. Avec lui, quatre noms importants animent la période estivale : Éric Bailly, Henrikh Mkhitaryan, Zlatan Ibrahimovic mais surtout Paul Pogba. Les objectifs sont clairs : avec la venue du Spécial One, connu pour sa capacité à faire gagner ses équipes, Manchester United doit retrouver les lueurs perdues après le départ de Ferguson, et jamais retrouvées malgré les précédentes nominations de Moyes et de Van Gaal. Habituellement, la première saison de Jose Mourinho est celle de l’observation. Une saison qui lui permet de faire un point sur les besoins et manquements de son équipe, avant d’éliminer tout ce qui pourrait se mettre en opposition à ses aspirations. Et malgré une victoire finale en Europa League honorable et un trophée en Carabao Cup, Man Utd termine sixième de PL, de quoi confirmer un peu plus les habitudes du Mou. Grâce à sa victoire en C3, les Red Devils retrouvent quand même la Ligue des Champions. Un point positif pour le club, normalement habitué à participer à chaque campagne. La saison suivante, les arrivées de Lukaku, Matić, Lindelöf en été, puis celle de Sánchez en hiver (bien qu’il ait été un flop) permettent aux hommes du Special One de terminer vice-champion, véritable exploit, si on en croit les dires du tacticien qui pointait du doigt l’effectif, notamment le manque de profondeur en défense centrale (Eric Bailly trop souvent blessé) et au milieu de terrain. 

L’élimination en huitième de LDC face au FC Séville et la défaite en finale de FA Cup laissaient tout de même un goût amère, mais malgré de vives critiques, notamment de la part des fans sur son style de jeu peu alléchant et beaucoup trop défensif par rapport à son effectif et surtout au potentiel offensif qu’il possède, Mourinho entame sa troisième saison à Old Trafford. Mais il y a bel et bien une fissure entre lui et son vestiaire, mais aussi avec sa direction. Mourinho dans toute sa splendeur. 

Jose Mourinho lors d’une conférence de presse, refusant de donner son avis sur la qualité de son effectif

Énormément de noms sont cités, mais seuls Diogo Dalot et Fred signent du côté de Manchester United en été. Trop peu pour un club dont les ambitions sont de retrouver la couronne ? Sûrement. Alors que Mourinho réclame un défenseur central depuis des mois, rien ne se passe. Faute de moyens ? Sûrement pas. Manchester United roule sur l’or et les Glazer’s s’en mettent plein les poches (les revenus de Manchester United pour la saison 2018-2019 sont estimés à 627,1 millions de Livre Sterling). Mais ils ne sont pas contents car en conférence de presse, Mourinho refuse de répondre quand on lui demande s’il est content de son effectif, et se plaint explicitement du manque de recrue à l’arrière garde, et souligne l’échec du board dans le dossier Harry Maguire. Logiquement, Ed Woodward n’apprécie pas les sous entendus de son entraîneur et s’agace. L’un veut avoir les pleins pouvoirs comme dans quasi chaque club où il est passé, l’autre veut faire partie de la gestion des transferts et contrôler les dépenses. Une approche et une envie d’implication différente de l’ère Ferguson, qui témoigne d’un certain manque de confiance envers les nouveaux entraîneurs. La première cassure de la saison au sein du club finit par naître.  

Aussi, Manchester United sous Ferguson a toujours été un club dont l’équipe pratiquait un football offensif et spectaculaire : un jeu parfois rude, intense, directe puis un jeu parfois posé, bien construit basé sur des passes courtes. C’est cette approche qui attirait les joueurs et leur donnait envie de signer chez les Red Devils. Le moins que l’on puisse dire c’est que Mourinho n’est pas ce genre de coach. Et ça ne plait pas (ou plus), à tel point que certains joueurs n’hésitent plus à s’en plaindre publiquement ; Pogba le premier. Agacé par le pragmatisme du Mou, le Français montre des signes de lassitude au fil des semaines. Si rupture il y a entre la vedette française et la vedette portugaise, d’autres joueurs sont mis à l’amende par le technicien dont Alexis Sanchez, Fred ou encore Valencia. Après s’être mis les fans à dos, puis ses supérieurs et ensuite les cadres du vestiaire, Mourinho continue de se lamenter et de taper du poing sur la table concernant la qualité de son groupe, jusqu’à briser la confiance de ses joueurs. Paul Pogba critique directement Mourinho et provoque même le Portugais, mais Ed Woodward ne prend pas position, mettant à mal l’autorité du tacticien. Et même après avoir publiquement affirmer en octobre 2018 que la direction était derrière son coach, les signaux négatifs mèneront finalement au remerciement de l’ex-entraîneur de Chelsea, le 18 décembre 2018.

Bien sûr, il a ses responsabilités. Mais Manchester United est une institution, avec un style de jeu offensif et direct, spectaculaire, intense, ouvert. Apres avoir eu pendant vingt-sept ans un entraîneur qui a lui même apporté cette philosophie au club, comment une direction qui crie sur tous les toits avoir un projet peut nommer Mourinho à la tête de son équipe, quand on sait quel est son style de jeu favori depuis quelques saisons ? Son passage à Chelsea entre 2013 et 2015 a d’ailleurs clairement montré la manière de travailler du natif de Setubal. Un style incompatible avec Manchester United, même s’il faut reconnaître que lors de ses mandats à l’Inter de Milan et au Real Madrid, il a parfois opté pour un jeu offensif, basé sur le contrôle du ballon, sauf contre le Barca, contre lequel la seule manière de contrer le Tiki Taka fut de garer le bus et d’attendre les ouvertures dans la défense adverse.

Ensuite, la nomination de Ole Gunnar Solskjaer est aussi une interrogation. Dans la hâte, il est tout à fait normal de faire confiance à un ancien du club, apprécié des fans, pour assurer l’intérim. Le choc psychologique est souvent efficace et permet d’insuffler un second souffle, une impulsion aux joueurs. Ce qui fut le cas. Mais ce qui est frappant, c’est le fait d’avoir prolongé Solskjaer alors que les résultats, s’ils étaient positifs lors des quinze ou vingt premiers matches, furent exécrables par la suite. Pire, un fond de jeu inexistant, comparable à ce que faisait Mourinho. Quasi rien de ce qu’a montré Solskjaer ne pouvait justifier la prolongation de son contrat. Mais encore, énormément de fans, qui déploraient l’entraineur portugais et qui furent choqués par ses propos affirmant que terminer deuxième avec son effectif était sa meilleure performance, ont admis s’être trompés et ont fini par donner raison lui donner raison. Les ambitions du club restent floues et les agissements sèment la confusion. Y a t-il une vraie volonté de revenir sur le devant de la scène ? Si oui, comment un attaquant comme Romelu Lukaku, parti à l’Inter lors du mercato estival n’a t-il pas été remplacé, laissant le poste de numéro 9 occupé uniquement par Marcus Rashford ? 

Aujourd’hui, Man Utd est cinquième du championnat, et toujours en lice pour l’Europa League (ils affronteront le F.C. Bruges en 16e de finale), sans convaincre. Sur 22 rencontres de PL, seules neuf ont été gagnées par les Red Devils, sans parler des tristes records obtenus par Ole Gunnar comme celui de n’avoir pris que 18 points sur les 14 premières rencontres du championnat, le total le plus bas obtenu depuis la saison 1988-89. Mais que fera Ed Woodward si la situation venait à empirer ? un énième changement d’entraîneur ? Des dépenses à gauche, à droite pour remplir l’effectif, sans pour autant implanter des joueurs compatibles à un certain schéma tactique ou un certain style de jeu ? 

Depuis 2013, Manchester United se recherche. Et si Ferguson continue d’errer dans les coulisses du stade, nul doute qu’il est plein d’interrogations, lui aussi. Comment le club va-t-il se sortir d’une situation périlleuse qui dure depuis six ans et demi, et qui continue de s’aggraver ? La reconstruction s’annonçait difficile, aujourd’hui, elle est extrêmement dure, et il n’y a rien qui laisse penser que c’est de bonne augure pour la suite. Et puis, pour enfoncer le clou, Paul Pogba souhaite quitter les Mancuniens. Et son agent Mino Raiola, dont les déclarations ont fait grand bruit, est bien déterminé à ne pas laisser son poulain dans les mains de businessmen qui ne semblent pas se préoccuper de la méforme du club tant que les revenus continuent d’augmenter.

Une lueur d’espoir ? Peut être, puisqu’aujourd’hui les rumeurs parlent d’un rachat du club par un prince saoudien. Les Glazer’s vendront-ils leurs parts ? En tout cas, Kevin Glazer, l’un des fils de feu Malcolm aurait déjà mis en vente les 13% qui lui appartiennent. Une nouvelle qui a d’ailleurs plu a nombreux supporters. Et on peut les comprendre.

Alexander Anderson

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